Des chiffons imbibés d'huile de lin, jetés en tas dans un atelier, prennent feu « tout seuls » pendant la nuit, sans aucune source d'inflammation extérieure. Quel phénomène est en cause ?
- Un backdraft provoqué par le confinement du local
- La fermentation bactérienne du tissu des chiffons
- L'auto-échauffement : l'oxydation lente et exothermique de l'huile, dont la chaleur s'accumule au cœur du tas jusqu'à atteindre l'auto-inflammation
- Une réaction de l'huile avec l'humidité de l'air produisant de l'hydrogène
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Bonne réponse
- L'auto-échauffement : l'oxydation lente et exothermique de l'huile, dont la chaleur s'accumule au cœur du tas jusqu'à atteindre l'auto-inflammation
Certaines huiles dites siccatives (lin notamment) s'oxydent lentement à l'air en dégageant de la chaleur. Étalée en couche mince, cette chaleur se dissipe ; mais au cœur d'un tas de chiffons imbibés, elle s'accumule, la température monte, l'oxydation s'accélère (le phénomène s'auto-entretient) et le combustible finit par atteindre sa température d'auto-inflammation : le feu démarre sans flamme ni étincelle extérieure. Ce mécanisme d'auto-échauffement explique aussi des feux de silos, de tas de foin humide ou de compost, et constitue une piste classique en recherche des causes d'incendie.
Source : GDO Interventions sur les incendies de structures (DGSCGC, 2018), annexe A — fiche scientifique FSCI-CSF-2 « Mélange et inflammation des gaz » (auto-inflammation par échauffement du solide lui-même, sans source externe) ; fiches de données de sécurité de l'huile de lin (risque d'auto-inflammation des chiffons imbibés)